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Le business de la customisation des vielles motos

Note : cet article est une traduction de l’article The Business of Customization Old Motorcycles du site Bike Exif.com

Le business de la customisation des vielles motos

L’entreprise « Untitled » construit des motos old-school dans un petit atelier se trouvant sous les arches du chemin de fer, dans le Nord de Londres. Ils font un très bon travail. Alors, quand nous avons pu interviewer le co-fondateur de « Untitled », Adam Kay, pour le guide Classic Bike, nous avons sauté sur l’occasion. C’est un excellent contrepoint à l’article concernant John Ryland sur la construction de motos customisées.

 

« Je fais cela parce que j’aime ça. » dit Adam Kay. « Il y a quelques années, j’ai acheté une BMW de Rex Martin, qui roulait pour Victory Motorcycles à Kentish Town. Je lui ai demandé de m’aider à la reconstruire de manière très basique, en raccourcissant le siège et en modifiant les garde-boues. J’ai créé une page Facebook pour expliquer les étapes de la construction, un peu comme un blog. Beaucoup de gens ont aimé et m’écrive, encore aujourd’hui, à propos de cette page Facebook. Par la suite, les gens ont commencé à nous demander si nous pouvions construire des choses pour eux. »

 

Rex est devenu le partenaire d’affaire d’Adam et Moto Untitled est né.

 

UMC-002, a BMW scrambler with high-level pipes built by Untitled Motorcycles.

UMC-002, a BMW scrambler by Untitled Motorcycles

 

 

Qu’est-ce qui vous a permis de vous démarquer ? « Un gars qui a travaillé dans l’atelier de Rex nous a suggéré de construire un couple de motos pour les montrer lors de l’Alexandra Palace Custom Show. Je pense que nos BMW étaient les seules motos non-Harley, présentent là-bas. Nous avons enlevé les insignes BMW et les avons appelées « Untitled ». Nous avons mis des étiquettes de prix sur les deux motos mais c’était beaucoup trop cher et nous avons mis un an pour les vendre. Mais nous avons eu plusieurs propositions de projets suite à ce salon.

Puis, nous avons construit UMC-002, un brouilleur BMW avec des tuyaux de grande qualité. Les gens nous ont enfin portés de l’intérêt et ont commencé à venir à nous. »

 

Depuis, Untitled est devenu un magasin fortement respecté et connut notamment pour ses motos urbaines. Elles ont largement été décrites en ligne et dans la nouvelle bible de la customisation « The Ride ».

 

Comment avez-vous réussi à payer les factures ? « Comme pour d’autres entreprises, Untitled a toujours été dans le positif. Nous étions même rentables juste après notre première année. Vous pouvez vous faire de l’argent en customisant des motos et vous n’avez pas besoin d’avoir de l’argent d’avance pour construire les motos. »

 

Jusqu’à présent, Untitled s’est concentré uniquement sur la construction de motos, mais Adam souhaite étendre son domaine de compétence.

 

«  Nous sommes sur le point de commercialiser des boulons pouvant être placés sur des pièces déjà personnalisées par nos soins. Nous faisons des sous-cadres de BMW « Plug and Go » parce que la façon dont ils sont construits vous permet de les personnaliser relativement facilement. Pour d’autres motos vous devez couper et souder le nouveau tube et ça, tout le monde ne peut pas le faire. Il vous faut l’aide d’une deuxième personne et d’un soudeur.

L’extrémité arrière des BMW sera vendue dans différentes versions, des sous-cadres complètement nus aux packages complets comprenant des garde-boues, des clignotants ou encore des feux d’arrêts. Les composants électriques ont des connecteurs à quatre épingles qui se branchent directement sur le circuit électrique existant. L’idée est que ce soit Plug and Go, une fois installé, prêt à être utilisé. »

 

Ils conçoivent également des marchandises. « Nous pourrions probablement nous faire plus d’argent rien qu’avec la vente de marchandises mais nous construisons avant tout des motos. Toutefois, je ne suis pas contre la vente de vêtements ayant un rapport avec ce que nous faisons. »

 

Adam est assez astucieux et puise ses inspirations dans le marché américain, mais pas de façon classique. « Hugo Eccles, un designer industriel qui a co-construit le modèle UMC-021 avec moi, a récemment déménagé de Londres en Californie. Il avait établi son affaire de construction de motos personnalisées là-bas, nous avons donc décidé de former un partenariat. Nous avons maintenant un atelier à San Francisco et notre premier modèle construit aux États-Unis sera une moto Guzi Cafe Racer. »

 

Les réseaux sociaux, est-ce que ça marche ? « Nous avons fait la promotion de notre activité grâce à Facebook, Instagram, Pinterest et Twitter. Vous obtenez un « J’aime » mais cela se traduit-il dans les affaires ? Je pense que oui. Les gens aux États-Unis aiment ce que nous faisons et nous pouvons le voir grâce à internet. Nos statistiques web nous montrent qu’un grand pourcentage de notre trafic provient de l’Amérique.

Sans internet, je ne pense pas que nous serions arrivés là où nous sommes maintenant. Nous sommes connus dans le monde entier. Mais cela signifie que vous devez vous trouver souvent devant votre ordinateur, répondre aux mails et générer de nouvelles choses pour donner envie aux gens de revenir. J’ai remarqué que les gens, sur internet, passent de motos en motos. Les délais d’attention sont très courts. »

 

Mais internet comporte aussi beaucoup de négativité, ce qui peut détourner l’attention des gens si elle est prise au sérieux. Toutefois cela ne semble pas inquiéter Adam.

 

« Quand nous avons commencé la construction de moto j’étais inquiet mais sans plus. Je ne me soucie pas de qui construit une moto – il faut un travail acharné et une réelle ingéniosité – J’aime les gens dans cette activité et les gens que cela attire, même les haineux. Au moins, ces personnes donnent leur opinion même si ce n’est pas l’idée que vous partagez. Cela permet de créer une discussion. À la fin de la journée, quoi que les gens disent en ligne, il y a une moto de plus sur la route et ça, n’est-ce pas une bonne chose ? »

 

Il ne fait aucun doute qu’internet alimente l’intérêt des gens. Mais pourquoi les motos classiques et pourquoi sont-ils attirés par la customisation ? « Les gens veulent des choses nouvelles et dynamiques. » Dit Adam. « Il s’agit d’avoir quelque chose pour s’inspirer et exprimer l’individualité. »

 

Comment sont impliqués vos clients ? « Nous recevons de plus en plus de clients dans notre atelier et ils veulent qu’on les aide à construire leurs propres motos. Alors nous leur enseignons ce que nous savons. Ces clients travaillaient si bien que nous envisageons de mettre en place une série de cours de renforcement.

Mon père était un ingénieur, il construisait des bateaux et des voitures, c’était également un pilote de rallye à ses heures perdues. Une fois, il a construit une MGA à partir de pièces de rechange qu’il avait acheté. J’ai baigné là-dedans toute ma vie et c’est une expérience semblable que je reproduis avec Rex. Chaque jour j’apprends quelque chose de nouveau. »

 

Et c’est pour cette raison qu’Untitled est prêt à aider les nouveaux arrivants et à les encourager à participer à la construction de leur propre moto en leur montrant certaines techniques.

 

« La personnalisation d’une moto n’est pas facile. Une des choses que nous voulons montrer aux gens qui viennent dans notre atelier est de leur faire réaliser que ce n’est pas un travail facile. Ils comprennent donc pourquoi une customisation peut coûter 10 000£ pour la réaliser. Construire une moto est un processus très chronophage.

 

Les fabricants de motos, de voitures, d’électronique ou d’appareils ménagers ont tous planifié l’obsolescence. Rien n’est construit pour durer, mais rien n’est construit pour être réparé non plus, du moins, pas sans un diplôme en informatique.

 

Comme beaucoup de gens qui s’intéressent à la tendance Cafe Racer et Street Trackers, Adam est étonné de voir que les fabricants ont tant tardés à vendre des motos qui sont facilement personnalisables par de nouveaux conducteurs. Et ce malgré que les entreprises plongent leurs orteils dans la scène grâce aux sponsorings de salons tels que The Bike Shed Event.

 

« C’est génial ce que BMW fait avec le R NineT. C’est une super base pour la personnalisation mais quel jeune enfant peut se le permettre ? C’est la même chose avec la Yamaha Bolt. Pourquoi ne pas en faire de même avec des motos de plus petites capacités et permettre aux enfants à entrer dans le monde des motos ?

 

Je pense que c’est pour cela que les motos classiques sont devenues populaires parmi les jeunes motards. Ils veulent obtenir des choses qu’ils ont faites avec leurs mains. Ce qui est triste c’est que les écoles ferment leurs classes d’ingénierie. Qui va faire ce genre de travail si les rudiments ne sont pas enseignés à l’école ?

 

Les gens veulent se salir les mains et ils s’ennuient avec les motos modernes car ils ne peuvent pas les modifier eux-mêmes. Les gens veulent ressentir ces sensations et les motos modernes sont si insensibles. Les vieilles choses vous les sentez, vous les touchez, c’est viscéral. Oui, les vieilles motos ont besoin que l’on s’en occupe mais cela ajoute de la valeur. Une vieille moto c’est beaucoup plus qu’une expérience de conduite. Vous pouvez ressentir les émotions d’une vieille moto, même de loin.

 

C’est vivant et cela vous permet de rester vivant. »

Source image : Bike Exif et Untitled Motorcycles

 

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1 comment

  1. Motobigstore

    A l’heure où de plus en plus de motards veulent avoir leur propre modèle de moto, je crois que la customisation est une activité qui a un bel avenir devant elle. J’adore l’UMC 02 qui se trouve sur la photo. Comme c’est agréable de faire renaître un vieil engin !

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